Réaction de Dylan Piras aux propos de Mathilde Panot sur le désarmement de la police municipale. Tribune contre l'idéologie sécuritaire de La France Insoumise.

Réaction de Dylan Piras aux propos de Mathilde Panot sur le désarmement de la police municipale. Tribune contre l'idéologie sécuritaire de La France Insoumise.

Désarmer la police municipale ? Le dogme contre le réel

Par Dylan Piras — auteur de Le Choix et l’Instinct, ancien militaire et directeur d’établissement supérieur privé

Mathilde Panot vient d’annoncer que les maires La France Insoumise élus en 2026 désarmeraient leur police municipale. Dans la foulée, elle promet de démanteler les dispositifs de vidéosurveillance. L’idéologie, ici, ne marche plus : elle galope.

La sécurité publique, grande absente du logiciel insoumis

Il y a, dans cette proposition, une forme d’inconscience tranquille. Désarmer les policiers municipaux, c’est faire comme si l’insécurité était un fantasme, comme si les agressions, les violences et les tensions dans nos rues relevaient de la fiction. Or ce que madame Panot balaie d’un revers de main, ce sont les faits quotidiens. Ce sont des hommes et des femmes agressés. Des enfants à protéger. Des agents publics pris pour cibles.

Et surtout, ce sont des citoyens qui n’ont pas le luxe de l’idéologie. Eux vivent dans le réel. Le réel ne ment pas. Le réel, parfois, tue.

Armer une police municipale n’est pas un acte de guerre, c’est un acte de paix

Dans Le Choix et l’Instinct, j’ai tenté de montrer que nos décisions ne naissent pas dans un vide éthéré : elles sont le fruit de conditionnements, de réflexes, d’une histoire individuelle et collective. Nous n’échappons pas à nos déterminismes. Mais nous pouvons les corriger. Et cela vaut aussi pour l’ordre public.

Il n’y a pas d’ordre sans force. Pas de paix sans dissuasion. Armer une police municipale, ce n’est pas militariser l’espace public — c’est refuser de l’abandonner. C’est donner à ceux qui veillent la possibilité de répondre. De protéger. De rester en vie.

Une République désarmée, c’est une République désavouée

La gauche insoumise prétend désarmer les policiers municipaux au nom du peuple. Mais de quel peuple parle-t-elle ? Celui qui vit derrière les mots, ou celui qui vit derrière les halls d’immeuble ? Ce n’est pas le même. Le premier habite sur Twitter. Le second, lui, aimerait juste que ses enfants puissent rentrer seuls à la maison sans croiser un dealer, un fou ou un désœuvré dangereux.

En désarmant la police municipale, La France Insoumise désarme l’État lui-même. Elle désarme la confiance, la protection, la justice. Et elle laisse la place à ce que tout pouvoir républicain a pour vocation de combattre : la loi du plus fort.

Refuser l’angélisme, assumer la responsabilité

Il y a une forme de confort à désarmer ceux qui assurent la sécurité des autres : cela flatte la posture morale, cela donne l’illusion d’être du bon côté de l’histoire. Mais c’est un confort de tribune. Un confort de plateau télé.

Ceux qui, chaque jour, interviennent en zone sensible, gèrent des conflits, protègent des victimes, méritent mieux qu’un désarmement symbolique. Ils méritent la reconnaissance, les moyens, et le respect. Pas des injonctions hors-sol dictées par des élus qui ne poseront jamais le pied sur une scène d’intervention.

Réarmer la République

Face à l’idéologie, opposons le réel. Face au déni de l’insécurité, opposons la responsabilité. Et face à ceux qui veulent désarmer la République, réarmons-la — moralement, juridiquement, matériellement.

La police municipale ne doit plus être un bouc émissaire idéologique. Elle est la première force de proximité, le dernier rempart dans de nombreuses communes où la police nationale, en sous-effectif ou à distance, ne peut pas toujours intervenir. Dans certaines villes, ce sont les policiers municipaux qui arrivent les premiers sur les scènes de violences urbaines, qui sécurisent les écoles, les marchés, les transports. Ce sont eux qui, chaque jour, dissuadent, protègent, rassurent.

Désarmer ces agents, c’est désarmer les citoyens eux-mêmes. C’est retirer à la République ses leviers les plus concrets, les plus visibles, les plus utiles.
Ceux qui nous protègent doivent eux aussi être protégés. Et outillés.

Armer une police municipale, ce n’est pas céder à la peur. C’est refuser d’y abandonner les autres.
Le courage politique, aujourd’hui, ce n’est pas de désarmer symboliquement. C’est de défendre lucidement.

La République ne doit plus reculer. Elle doit tenir son rang. Et ceux qui la servent doivent pouvoir tenir leur position. Armés. Formés. Soutenus.

Désarmer la police municipale ? Non. Défendre ceux qui nous défendent ? Oui.


Dylan Piras est auteur de l’essai Le Choix et l’Instinct, ancien engagé dans l’armée de terre, et directeur de la Paris School of Technology and Management.

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